Histoire 54

by simo

les excuses que je m’étais racontées s’effondraient. Le boulot. La rupture. Le stress. Tout ça n’était plus qu’un brouillard qui me cachait la vérité.

J’allais mal. Et ils l’avaient vu.

Je ne me souviens plus très bien de ce qui s’est dit ensuite. Je sais qu’ils ont parlé de thérapie. D’un centre pas trop loin d’ici. D’un accompagnement. J’écoutais à moitié, les yeux fixés sur une fissure dans le parquet, comme si elle pouvait m’engloutir tout entière.

Puis Élise m’a pris la main. Elle n’a rien dit. Elle m’a juste regardée. Pas avec pitié. Avec amour.

Et j’ai pleuré.

Ce n’était pas la réunion que j’attendais. Ce n’était pas un week-end joyeux entre cousins et tartes aux pommes. Mais c’était peut-être exactement ce dont j’avais besoin.

Ce jour-là, j’ai dit oui. Pas tout de suite, pas avec le cœur léger. Mais j’ai dit oui à leur main tendue. Oui à l’idée que je ne pouvais pas continuer seule.

Et pour la première fois depuis longtemps, je me suis sentie vue. Vraiment vue.

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